Le plan de formation 2012 est le premier d’un plan triennal 2012 à 2014.
Cette approche triennale est cohérente puisque qu’un bon nombre de formations vont se déployer sur plusieurs années. Il y a bien, de ce
fait, une continuité dans le temps.
Nous retrouvons les 4
axes prioritaires de la caisse :
1- Satisfaire le client,
2- La conquête de marché,
3- Le développement,
4- Des risques maîtrisés.
Comme nous l’avions indiqué,
pour les orientations générales de la formation pour 2012, concernant les objectifs affichés :
Les 2 premiers, « maintenir
au meilleur niveau de compétence les collaborateurs, accroitre les compétences pour valoriser la progression des carrières professionnelles » nous semblent répondre aux obligations de
l’employeur et à l’attente des salariés ; le troisième : « faire correspondre les attentes de
chacun avec les besoins en compétences de l’entreprise » nous semble plus difficile à concilier et à réaliser.
Rappelons également qu’au
travers de ce plan, la direction remplit aussi son obligation légale de formation pour permettre à ses salariés de tenir leur emploi dans de bonnes conditions.
À ce titre, les contributions légales en matière de formation
professionnelle pour une entreprise de notre taille sont globalement d’un taux de la masse salariale brute de 2,6% qui se décompose ainsi : 0,9%
pour le plan de formation, 05% pour la professionnalisation et le DIF, 0,20% pour le CIF et 1% pour le CIF CDD. Il ne s’agit bien évidemment là que
du minimum imposé par la loi. Dans un secteur d’activité comme celui de la banque et de l’assurance, les besoins sont nettement supérieurs.
La CE NFE prévoit d’y consacrer 4 à 5% de la masse salariale pour 2012,
ce qui est certes supérieur aux obligations légales, mais reste cependant juste au regard des ambitions qu’elle affiche et des retards accumulés
depuis plusieurs années dans certains domaines comme celui de la sécurité.
AXE 1- SATISFAIRE LE CLIENT :
Les parcours Nouvel
Entrant : Les formations dispensées en salle et
celles avec l’outil informatique permettant de faire des exercices pratiques sont bien adaptées. Un bémol toutefois sur le contenu dense de certaines journées qui peuvent poser des problèmes
d’assimilation.
Le volet conformité et
lutte contre le blanchissement en E-Learning n’est pas
suffisant pour les nouveaux entrants au regard de l’importance de ce domaine.
Il est indispensable de
s’assurer qu’un réel tutorat soit assuré par un salarié
qui occupe la même fonction et que les moyens soient alloués aux tuteurs comme le prévoit la loi. Le temps passé au tutorat ne doit pas se faire au détriment du salarié qui effectue le
tutorat. Un apprentissage efficace et de qualité doit se poursuivre et se compléter en
situation de travail et en étant accompagné. L’idéal serait de mettre en place une structure dédiée, type agence école comme cela a fait ses preuves par le passé.
Une formation « Un
accueil de qualité en agence » est prévue mais la
direction n’a pas encore tranché sur le choix des salariés qui seraient formés. Il pourrait être question de former des managers qui démultiplieraient ensuite aux membres de leur équipe. Cette
approche de démultiplication nous semble mauvaise du fait des disparités et des dispersions que cette approche ne manquera pas d’engendrer. Il est préférable de former les salariés qui sont au
contact direct pour accueillir les clients.
Le support Basic Job est
repris financièrement dans le plan de formation. Bien que
ce support soit de qualité et apporte une source d’information indispensable aux commerciaux, il ne devrait pas être repris dans le budget du plan de formation. A ce rythme là, demain, toutes les
informations, quel que soit leur mode de diffusion, risqueraient d’être considérées comme de la formation. Ce travers pourrait être lourd de conséquence.
Concernant l’amélioration
des processus, nous réitérons notre demande d’une présentation des outils et des méthodes avant qu’ils ne soient déployés ; ainsi que les cursus
correspondants.
Le module « Ambition
Banquier Assureur » dispensé sur 1,5 jours pour 500 commerciaux semble être la confirmation de la volonté pour 2012 de former sur l’assurance non vie. Cette approche nous semble
intéressante et répondre à des besoins.
Une formation pour les
salariés de l’agence Lille Faidherbe est prévue alors que
nous n’avons plus d’écho de cette agence avant-gardiste, à suivre.
AXE 2- LA CONQUETE DES MARCHÉS :
La poursuite du parcours
« Trajectoire Pro » est indispensable pour répondre aux ambitions affichées par la caisse. Celui-ci doit se faire à destination du personnel en place pour lui permettre une évolution de carrière.
Le parcours
« Passeport Pro DA » est prévu pour les agences qui reçoivent des professionnels. L’approche peut sembler intéressante, cependant ce ne sont pas 4 jours de formation qui permettront aux
Directeurs d’Agence concernés de pouvoir gérer réellement de la clientèle professionnelle du fait que
ce domaine est pointu, qu’il nécessite une expérience terrain et qu’un manager doit déjà accomplir beaucoup de tâches. Il semble donc difficile qu’il puisse réellement suivre des clients
professionnels. Tout au plus, il pourra avoir un meilleur relationnel avec ce type de clientèle.
AXE 3- LE DEVELOPPEMENT:
La poursuite des « Parcours Trajectoire Métiers » est indispensable pour permettre aux salariés d’évoluer plus
facilement et plus rapidement dans un nouveau métier.
Nous déplorons que les formations aux crédits consommation et fiscalité
du particulier soient dispensées en E-Learning. Une formation en salle serait plus adaptée et plus profitable, d’autant plus lorsqu’il s’agit de
nouveaux conseillers.
Pour la partie
« Vendre le crédit immobilier », les parcours compétences GC doivent être complétés systématiquement par un tutorat sur le terrain pour assurer une meilleure maîtrise de l’outil
informatique. Ce volet technique de l’outil n’étant pas
possible actuellement en formation.
La formation de tuteurs experts métiers doit être revue à la hausse car
les besoins sont importants et pas seulement dans le cadre des contrats d’apprentissage.
Les formations des différents pôles du siège sont présentées comme
répondant aux demandes des services. Cependant le tableau correspondant n’est pas exploitable en l’état du fait que chaque ligne correspond à plusieurs formations. Le service formation s’est
engagé à transmettre le détail de ces formations.
Concernant les projets
individuels, il faut absolument que la direction en fasse la promotion par tous les moyens à disposition dans la CE NFE. En effet, que ce soit le DIF, le CIF, la VAE ou le Bilan de Compétences, tous ces
moyens sont beaucoup trop peu utilisés alors que des besoins existent.
Concernant la « Responsabilité Sociale de l’Entreprise », des formations sont prévues dans le cadre de la mixité pour les managers. Il reste à voir
l’orientation choisie pour éviter de résoudre une inégalité en en créant d’autres. Pour ce qui concerne les séniors, des formations « seconde
partie de carrière » sont prévues pour 10 salariés, ce qui semble très peu.
La formation à destination des Chargés de Carrière RH est programmée.
Rappelons simplement qu’en négociation nous avons eu l’occasion de demander à la direction de cesser de faire des entretiens de carrières à destination des séniors tant que les Gestionnaires de
Carrières n’avaient pas reçu la formation adéquate.
Nous déplorons qu’un grand nombre de seniors ait déjà été reçu en
entretien générant des réactions d’incompréhension pour ne pas dire plus. Il ne fallait pas se précipiter alors que toutes les conditions requises n’étaient pas réunies.
Concernant la performance
managériale, l’approche semble intéressante, mais nous sommes réservés sur le volet comportemental. Nous demandons la transmission du contenu des cursus correspondants (tronc commun et formations
à la carte). Notre inquiétude est fondée sur le fait qu’un volet comportemental est envisagé
et qu’une approche s’appuyant sur un concept de psychanalyse apparaît sans plus d’explications.
Sachant que de simples démultiplications d’informations par le biais de
managers créent parfois des disparités importantes ; qu’en sera-t-il demain au retour de formations comportementales. Bien entendu nous espérons nous alarmer pour rien. Cependant,
l’expérience nous incite à la prudence.
Les formations sur les produits, outils et méthodes de ventes sont
bonnes, mais il faudrait porter les efforts, de manière plus importante, sur les produits eux-mêmes et la fiscalité.
AXE 4 – LA MAITRISE DES RISQUES :
Concernant les risques opérationnels et les risques réglementaires, il
est indispensable de les compléter et de pratiquer à des piqûres de rappel de façon régulière.
Concernant les risques
psychosociaux, nous déplorons que la formation ne soit qu’à destination des seuls managers pour la deuxième année consécutive. Cette approche
restrictive n’est pas à même de favoriser une évolution positive dans ce domaine sensible et complexe.
La démarche générale est à
revoir rapidement, si la volonté d’améliorer la situation est encore réelle. Notons que l’organisme de formation retenu et l’intervenant sont de qualité.
Concernant la sécurité, des
retards restent à combler en ce qui concerne l’incendie. Un gros effort reste à fournir sur l’agressivité clientèle par des formations en salle qui sont plus efficaces et mieux adaptées,
d’autant que, dans ce domaine, nous avons un intervenant de qualité.
Nous demandons à la direction de vérifier si des salariés n’auraient pas
bénéficié de formation sécurité depuis 3 ans pour les inscrire en priorité dans le plan 2012.
Précisons à nouveau que les
formations en salle sont toujours préférables et plus efficaces. Les formations en E-Learning devant être réservées aux piqûres de rappel.
Globalement, l’ambition affichée dans les documents transmis par la
direction est importante, mais la réalité du terrain en est bien éloignée. Les effectifs présents étant trop souvent réduits, cette situation ne
permet pas de libérer suffisamment les salariés pour qu’ils puissent assister aux formations.
Avec 4 à 5% de la masse
salariale pour 2012, la CE NFE ne se donne pas les moyens de ses ambitions. Ce pourcentage est à peine dans la
moyenne du Réseau national des Caisses d’Epargne.
De plus, depuis la création
de la CE NFE les changements de structures et les modifications de méthodes de travail justifient pleinement des efforts supplémentaires en formation. Le PSE sur le siège a fortement dégradé les conditions de travail des personnels des
fonctions support et un savoir faire a été perdu. Il est temps de le compenser en terme de formation. Cependant une perte de la mémoire de l’entreprise n’a pas été anticipée par la CE NFE (GPEC).
La formation est un domaine
à prendre très au sérieux car elle impacte sur le travail au quotidien et sur la carrière des salariés de la CE NFE.
La formation professionnelle mériterait d’y consacrer plus de temps et d’être traité à part. Nos demandons à ce qu’elle soit vue au cours d’une réunion
spécifique du Comité d’Entreprise.
Christian
CARON